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Sensations de terrain
À la base du projet : des prises de notes et de photos tout au long d’une année, durant des virées solitaires… au cours de balades enchanteresses à travers des clairières isolées, au milieu de marais et de carrières abandonnées, ou encore sous la pluie à la tombée de la nuit, à la recherche de salamandres… Toutes ces « sensations de terrain », tantôt rudes, tantôt émerveillantes, ont ensuite été posées sur le papier – principalement au fusain – puis finalisées de manière infographique pour constituer une série de 24 compositions personnelles. Le reflet de 12 mois d’émotions en pleine nature…
Ce paysage que je pensais connaître
« Intrigué par le son de plus en plus accentué de l’écoulement du ruisseau, je me fraye un chemin entre les branches. Un imposant tronc mort élancé au milieu de la scène attire mon attention. J’enjambe alors un autre bois tombé au sol et me retrouve à mon tour au centre de l’insoupçonnée étendue d’eau. »
Racines ancrées
« Caressé par les hautes herbes, je me sens comme attiré par le doyen des lieux. Au pied de celui-ci, une ancienne construction bancale et quelques tas de vieux bois contrastent dans le paysage, mais me parlent particulièrement. Presque oubliés et pourtant toujours bien présents, ils me renvoient vers mes propres souches. »
Au royaume des libellules…
« … on trouve des paires d’ailes par centaines, azures, bronzes, vermeilles… de discrètes plantes insectivores semblant sortir d’un récit fantastique, de délicates orchidées qui nous rappellent comme la nature est belle, une eau limpide qui s’écoule sur une terre parfois blanche, parfois rouge vif. On trouve aussi cette vieille cabane aux charnières rouillées par le temps, et des arbres épineux, nombreux, venus masquer le tableau. »
À la rencontre du public
Après plusieurs mois de contemplation en solitaire et de créations nocturnes, il était temps de partager ce projet personnel. Via « l’exposition d’ensemble » du Centre culturel de Bertrix, j’ai ainsi pu rencontrer différents publics et bénéficier de chaleureux retours.
Portes ouvertes à la rue de Renaumont
Quelques mois plus tard, c’est dans le cadre du « Parcours Artistes & Artisans » que j’ai ouvert les portes de mon atelier… et de notre jardin quelque peu réaménagé pour l’occasion. Une belle occasion d’accueillir de nombreux visages sympathiques…
L’accueil de l’inattendu
« Un moment volé, mais finalement apprécié. Éphémère, mais suffisant pour esquisser un sourire sincère. Dans ce milieu que je trouvais peu inspirant, je découvre, à travers leurs yeux… sa plante préférée, « encore plus belle lorsque ses feuilles sont toutes sèches »… la sensation apaisante du soleil se couchant… le contact de nos pas sur les feuilles gelées… une mise en scène voilée par un large tronc… le bonheur d’être avec elles, de les entendre rire, et de les contempler courir ensemble. »
Au contact de l’eau
« Surpris par d’intenses et subites trombes d’eau, j’écourte cette pause, les habits trempés mais le cœur chaud et le sourire aux lèvres. Sur le trajet du retour, je me remémore la soirée d’hier durant laquelle j’avançais également sous des averses continues, au son de la hulotte… le souvenir d’un instant authentique, les mains plongées dans la rivière, qui m’a permis de me sentir vivant. »
L’immobile dynamique
« Ici où tout semble figé jusqu’à perte de vue, la contemplation passe par l’action. Action des hommes qui unissent leurs forces pour préserver cette apparente immobilité. Action de cette nature qui, malgré toutes interventions, reste maîtresse de son avenir. Action du minuscule passant presqu’inaperçu au milieu de cet équilibre façonné au fil des siècles. Rincé par une averse éphémère, je quitte ce lieu la tête remplie d’images qui, elles, perdureront à jamais. »
Au clair de la lune
« Tenant sa petite main au creux de ma paume, nous avançons avec, comme seule visibilité, le dessin de gros nuages reliés par des chapelets d’étoiles. Un vent doux caresse nos joues. Plongé au milieu de l’obscurité, je devine son sourire et ses yeux scintillants. Grâce à elle, je prends conscience que la beauté de la nature est bien plus vaste que les éléments que j’observe habituellement. Un moment inattendu, partagé ensemble, et gravé. »